S'expatrier en Europe…
C'est ce qu'ont tenté 9 des EBIstes qui vous relatent leurs expériences de 4 pays depuis 1 à 10 ans :
Espagne : Lucas (7 ans)
Belgique : Delphine (1 an), Yves (2,5 ans),
Italie : Chystèle (4,5 ans), Aurélie (5 ans),
Royaume Uni : Gaëlle (3,5 ans), Delphine (1,5 ans, rentrée en France), Geneviève (10 ans) et Aurore (1 an).
Le projet
La grande
majorité d’entre eux nous ont rapporté que l’expatriation était un projet de
longue date qu’ils ont souhaité mettre en application dès leur sortie de l’EBI,
voire pour certains dès leurs stages de fin d’étude, sans avoir pour objectif le
pays dans lequel ils habitent aujourd’hui.
Néanmoins, une
majorité nous a expliqué avoir débuté leur parcours professionnel en France
avant de s’expatrier. Pour les autres, même si l’expérience de l’étranger a été
immédiate, elle n’a pas forcément été originellement dans leur pays
actuel.
Leur
expatriation a surtout été l’objet de concours de circonstances comme le
partenariat qu’entretient l’EBI avec l’université de Cranfield
(UK).
En dehors de
Lucas, qui est parti à l’aventure, l’expatriation de ces anciens a
surtout été le résultat d’opportunités professionnelles plus intéressantes qu’en
France (CDI, marché de l’emploi moins
fermé…).
Professionnellement
parlant
D’un point de
vue professionnel, en dehors de Chrystèle qui travaille pour le service public
européen ce qui lui confère des avantages spécifiques (exonération d’impôt,
prime, école française…), tous travaillent sous contrat local sans avantage
particulier, ceux-ci étant avant tout entreprise-dépendant (accès à une
assurance santé, cotisation pour un système de retraite, aide pour trouver un
logement…).
Néanmoins, la
Belgique semble proposer un contrat favorable aux étrangers venant travailler
chez elle (déduction fiscale).
Par ailleurs,
s’adaptant au système local, certains ont accepté un salaire parfois plus faible
qu’en France, à poste équivalent, pour gagner en qualité de vie ou expérience
professionnelle.
Le principal
challenge de ceux qui ont émigré vers un pays non francophone a été de s’adapter
à la langue, autant dans leur vie quotidienne que dans leur vie professionnelle
(rédaction de dossiers, accent, impôt à la source
(UK/ES)…).
En dehors de
l’aspect linguistique, tous s’accordent à dire que le plus difficile a été de
mettre de côté ses notions franco-française de la vie professionnelle pour
intégrer celles de leur pays de destination (pause repas très courte (UK),
relationnel avec la hiérarchie/collègues différent, durée du travail, nombre de
jours de congés, jours féries différents…).
Personnellement parlant
C’est toute
une nouvelle culture à laquelle ces anciens ont dû s’adapter, quelque soit leur
pays de résidence, aspect très positif de leur expérience pour la majorité
d’entre eux.
Leur adaptation
s’est menée sur 2 fronts :
-
Fonctionnement
administratif : assurance, logement, démarches
diverses…
-
Vie courante : école, habitudes
alimentaires, conduite (UK), programmes télévisés, musique, cinéma, coût de la
vie...
A cela se sont
également ajoutés l’assimilation de la langue courante pour certains
(rendez-vous chez le médecin) et l’habitude à un système monétaire différent
pour d’autres (UK).
Ce qui revient
principalement comme points négatifs est le manque de la gastronomie
française (!!!) et les systèmes de santé moins développés qu’en France
(généralement assurance privée payante).
« L’expatriation est avant tout une histoire de volonté et de challenge
»
Les voyages…
Du fait
d’habiter un pays étranger, certains anciens ont consacrés leurs premiers temps
à la découverte de leur nouveau lieu de vie, voyageant et visitant ainsi de
façon peut-être plus approfondie que celle d’un
ressortissant.
Après
plusieurs années de vie à l’étranger, ces anciens nous rapportent que le pays
est devenu leur lieu de résidence et n’est plus ressenti comme « l’étranger »,
ainsi les voyages intra-muros sont comparables à ceux d’un français en
France.
Les voyages
sont donc surtout des voyages à l’étranger (hors du pays de résidence) et
sont affaire de préférences personnelles ou d’opportunités
professionnelles.
Retour en France
En dehors de
Delphine qui est revenue habiter en France pour des raisons personnelles, aucun
de ces anciens n’a exprimé une envie particulière de rentrer en
France.
Certains
d’entre eux n’envisagent même pas cette idée, souhaitant poursuivre leur
expérience dans le pays où ils habitent ou la développer dans d’autres pays
(Europe, USA, Amérique du Sud, Asie), notamment par le biais de mutations
professionnelles.
D’autres
pensent au retour en France une fois leur expérience professionnelle suffisante
pour obtenir un poste intéressant.
Enfin, il y a
ceux qui sont partagés entre leur envie de revenir et leur vie personnelle
établie dans leur pays de résidence, qui nécessiterait alors des
compromis.
Néanmoins,
aucun n’envisage un réel retour définitif en
France.
Par ailleurs,
certains mentionnent qu’un éventuel retour en France impliquerait de se
réadapter au système franco-français, engendrant le même type d’adaptation à
laquelle ils ont du faire face lors de leur installation à l’étranger, l’inconnu
en moins. Pour d’autres, la proximité des cultures entre la France et le pays où
ils habitent feraient qu’il n’y aurait pas d’adaptation
particulière.
Cette
différence d’appréciation peut notamment être liée à l’existence ou non d’une
première expérience en France avant de
s’expatrier.
Delphine S.
souligne également sa difficulté à faire reconnaître et à valoriser son
expérience à l’étranger auprès des entreprises dans le cadre de la recherche
d’un premier travail après son retour.
Autres EBIstes
A l’instar
d’anciens partis travailler en région, ces anciens n’avaient pas forcément
connaissance d’autres EBIstes travaillant dans le même pays lorsqu’ils s’y sont
installés. C’est au détour de l’annuaire des anciens qu’ils en ont pris
connaissance, sans que cela ne les incite particulièrement à prendre contact,
et, pour ceux qui se sont rencontrés, cela s’est fait fortuitement (travail,
amis).
Néanmoins,
tous semblent intéressés par l’idée d’un réseau dédiés aux EBIstes expatriés à
l’étranger dans la mesure où une sélection par pays serait possible afin de
mieux cibler les échanges et des informations pratiques seraient disponibles
sans tomber dans le cliché du « regroupement de français », qui serait à
l’opposé de l’intérêt premier de
l’expatriation.
Bilan
Autant il
pouvait exister des disparités dans les réponses des anciens quant aux
différents aspects abordés, autant le bilan qu’en retirent ces anciens est très
similaire.
D’un point de
vue personnel, ils citent la multi-culturalité, l’ouverture d’esprit, les
rencontres, la capacité d’adaptation.
D’un point de
vue professionnel, chacun y voit l’internationalisation de sa carrière et le
bilinguisme.
En conclusion,
l’expatriation est avant tout une histoire de volonté et de
challenge.
L’intérêt
premier de ce mode de vie est celui de découvrir une nouvelle culture et un
nouveau pays.
Il faut alors
accepter les difficultés que cela peut avoir dans les premiers temps (ex. job
alimentaire, difficulté d’adaptation) et se donner le temps d’y arriver sans se
décourager aux premiers obstacles.
Tout ne se
fait pas en quelques jours.
Ce premier pas
franchi, cette aventure permet un développement personnel, voire professionnel,
au-delà et différent de celui qui pourrait être acquis en
France.
Aurore
(P8)
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